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  • Patrice Alcindor

Autorité et pouvoir (3/3)

Suite - Les différentes formes d'autorité dans l'Eglise



Si on considère les buts de l’autorité :


On peut distinguer, comme Tom Marshall, l’autorité de commandement, l’autorité d’enseignement et l’autorité spirituelle.[1] Nous nous proposons d’explorer ces trois types d’autorité à travers les Haustafeln (tables domestiques) que l’on trouve dans le Nouveau Testament. Ces tables domestiques recoupent en général trois couples qui nous semblent illustrer assez bien les trois types d’autorité et de soumission que propose Marshall. Le couple maître/esclave, le couple parent/enfants, le couple mari/femme. Nous nous limiterons ici aux éléments du texte de Colossiens 3:18 à 24.

1. L’autorité de commandement vise l’action, le faire. Les subalternes sont de simples exécutants, qui doivent comprendre les ordres et les appliquer. C’est la forme d’autorité qu’on peut être amener à exercer avec de petits enfants, pour les tâches simples et directes de la vie ordinaire ou lorsqu’il faut coordonner les efforts d’un groupe de personnes. Certaines situations d’urgence ou de crise peuvent avoir besoin de ce type d’autorité. On peut dire que l’efficacité immédiate est généralement le but de cette autorité. La relation maître/esclave repose en partie sur ce type d’autorité.

Dans l’antiquité l’esclavage, comme institution, établit un rapport de possession, d’asservissement des esclaves par leur maître. Toutefois Paul fait reposer la relation maître/esclave, sur un rapport de transaction et non pas d’appartenance. L’esclave n’appartient pas à un maître qui en dispose selon son bon plaisir, mais il fournit un travail qui mérite un salaire. Telle est pour Paul l’essence de la relation du maître et de l’esclave. C’est pourquoi dans l’exercice de son autorité le maître doit être juste et équitable. Il ne doit pas léser l’esclave qui le sert. Il doit lui reconnaître des droits et les respecter. Paul rappelle que le maître est lui aussi placé dans un processus hiérarchique où il est à son tour soumis à un maître : le Seigneur. En réalité, le maître et l’esclave ont tous deux le même maître. Dans la perspective de Dieu, ils sont l’un et l’autre ses serviteurs, il n’y a pas de différence de nature entre eux mais égalité de droits. Le seul véritable rapport d’appartenance est avec Dieu.

La soumission des esclaves est dans l’obéissance volontaire (simplicité de cœur) qui ne cherche pas seulement l’approbation humaine. Le serviteur doit manifester sa soumission à l’autorité de commandement en faisant ce qui lui est demandé. Mais Paul précise que ce service doit s’effectuer dans la simplicité de cœur, c’est-à-dire sans arrière-pensée, sans faux-semblant. Il s’agit d’effectuer un travail qui ne se contente pas des apparences. Paul souligne une dimension importante qui conditionne cette soumission à l’autorité de commandement. Il faut servir Christ et non les hommes. Chacun est appelé à voir son travail comme un service rendu à Christ. Car la chaîne de commandement, que les hommes en soient conscients ou non, aboutit toujours à Christ. Nous travaillons tous sur la terre de Christ. C’est pourquoi le serviteur doit considérer non seulement sa rémunération terrestre mais aussi sa rémunération céleste. Certains diront que tel est l’opium du peuple : promettre une récompense dans l’au-delà afin de détourner les hommes du combat qu’ils ont à mener pour leurs droits ! Mais Paul nous dit : ne soyez pas esclaves des hommes, soyez esclaves de Dieu seul. La soumission à l’autorité de commandement n’est pas aliénation.

Paul établit donc dans ce premier couple esclave/maître, couple caractérisé par l’autorité de commandement et la soumission d’obéissance dans l’action, un rapport autorité/soumission centré sur le faire. Dans ce rapport, la responsabilité de celui qui est en position d’autorité est focalisée sur la justice et l’équité au nom de l’égalité des droits de tous les hommes, et la responsabilité de celui qui est soumis est focalisée sur l’obéissance loyale, franche, en vertu de son service qui est toujours pour le Christ.


L’exercice de ce type d’autorité est tout à fait légitime dans l’Eglise pour accomplir certaines tâches. Toutefois on ne doit pas abuser de l’autorité de commandement car elle « peut garder les gens enfermés dans une immaturité psychologique, parfois au point d’être incapables de prendre des décisions tout seuls ou d’assumer la responsabilité de leur propre vie. »[2] Le risque de l’esclavage n’est jamais très loin ! Ce type d’autorité doit en quelque sorte circuler dans l’Eglise au gré des tâches, des circonstances et des compétences de chacun.

2. L’autorité d’enseignement poursuit un autre but que l’autorité de commandement. Il s’agit non pas de faire faire, mais d’apprendre à quelqu’un comment faire. Il y a transmission de savoir, de savoir-faire et de savoir être. Un des buts poursuivis par celui qui exerce cette autorité est de pouvoir se retirer et même de voir un jour celui qu’il a enseigné le dépasser. L’autorité des parents relève en grande partie de l’autorité d’enseignement.

Paul exhorte ainsi les pères à ne pas irriter leurs enfants. Ce verbe peut être utilisé positivement ; il signifie alors stimuler, motiver. Ainsi Paul en 2 Corinthiens 9:2 parlera de l’exemple de la générosité des Corinthiens qui a stimulé, motivé les autres églises. Mais ici, le terme est employé dans un sens négatif. Paul pense peut-être à une stimulation trop forte ou trop omniprésente. Une stimulation qui finit par attendre de nos enfants la performance, qui les met sous pression avec le risque de les décourager. Notre responsabilité de parent est d’éduquer, d’élever nos enfants pour qu’ils deviennent des adultes. A ce titre nous exerçons auprès d’eux une autorité d’enseignement, de formation. Il faut veiller à ne pas faire d’eux des bêtes de courses soumises à la performance, au désir de perfection qui met sur eux un poids trop lourd à porter et les décourage.

La responsabilité de celui qui est en position d’autorité est ici l’attention portée à ce que son action produit dans l’autre. Il recherche non le formatage, mais la construction d’une personne appelée à devenir un adulte responsable. L’obéissance des enfants, n’est pas l’obéissance des esclaves, elle est obéissance en vue de la croissance personnelle. En vue de son bien propre et non pas en vue du bien des parents. Si l’esclave est pris dans une obéissance qui profite premièrement à son maître, l’enfant est pris dans une obéissance qui lui profite à lui. Elle est obéissance aujourd’hui pour ne plus avoir à obéir demain.


Mais Paul exhorte les enfants non seulement à obéir à leurs parents, mais à le faire en cherchant à faire plaisir à Dieu. Là encore, il me semble que l’autorité des parents est relativisée et mise en perspective. Chercher à faire plaisir à Dieu c’est paradoxalement s’affranchir du désir des parents et s’affranchir d’un mimétisme qui peut être mortifère. Si chercher à plaire aux parents est une bonne chose pour les petits enfants, en grandissant ils doivent s’affranchir de cela. A l’école, jusque dans l’adolescence, c’est souvent le désir des parents qui porte les enfants. C’est pour plaire à papa et maman qu’on persiste dans ses études, même si eux ne cessent de dire : c’est ton avenir… Toutefois on peut rester prisonnier de ce désir et continuer à vivre, même adulte, en prenant soin de ne jamais déplaire à papa et maman, qu’ils habitent à côté ou qu’ils soient à l’autre bout du pays et même, dans une certaine mesure, qu’ils soient vivants ou morts (on connaît les difficultés que cela peut engendrer dans les couples). La paternité de Dieu nous délivre de la tyrannie, volontaire ou non, du désir de nos parents selon la chair.

L’autorité des parents diffère de celle du maître tout comme l’obéissance des enfants diffère de l’obéissance de l’esclave. Dans les situations d’enseignement, l’autorité de commandement est déplacée, contre-productive et même illégitime. Les enseignants dans l’Eglise ne doivent pas se limiter à communiquer des recettes. « Ils sont tenus de donner des raisons et des explications à ce qu’ils prêchent et ce qu’ils enseignent, en étant disposés à se laisser librement questionner par ceux qu’ils dirigent. »[3] Les personnes enseignées doivent recevoir l’enseignement dans un esprit de paix, en étant disposées à se laisser convaincre. Cette bonne disposition n’est en rien incompatible avec une saine vigilance et un désir de plaire au Seigneur et non à l’enseignant. Ainsi Paul demande aux croyants de faire preuve d'intelligence (1 Corinthiens 14:13,19 ; 1 Thessaloniciens 5:19-20), d'avoir un esprit critique par rapport à leurs dirigeants (1 Corinthiens 10:15 ; 11:13) et même de les mettre en garde (Colossiens 4:17). Il accepte que les destinataires de ses lettres puissent, sur les questions secondaires, ne pas partager ses points de vue alors même qu’il peut avoir sur ces points des certitudes (Romains 14:14) ! Recevoir un enseignement dans un esprit ouvert et bien disposé ne signifie pas automatiquement adhésion !

Dans cette relation, l’attention de celui qui est en position d’autorité est centrée sur ce qu’il produit chez celui qui lui est confié. La responsabilité de celui qui est soumis est centrée sur une obéissance à l’enseignement dans la recherche de l’approbation de Dieu.

3. L’autorité interpersonnelle nous fait entrer dans une troisième dimension de l’autorité qui diffère fondamentalement des deux premières. Paul appelle les maris à aimer leur femme. L’amour dont il est question ici ne relève pas premièrement de l’amour romantique. C’est l’amour agapè, l’amour qui cherche le bien de l’autre, l’amour comme don de soi. « C’est un amour spontané et gratuit, sans motif, sans intérêt, et même sans justification. »[4] C’est un amour absolument premier, actif et non réactif. L’agapè est l’acceptation de l’autre en tant que personne. La capacité de le rencontrer comme quelqu’un dont l’existence a le même fondement ultime que la nôtre. C’est reconnaître en l’autre, au-delà même de son éventuelle méchanceté à notre égard, un frère uni à nous en une commune humanité. Dans le couple, cet amour vise à affirmer en l’autre son sentiment de sécurité et de valeur en mettant à son service toutes nos ressources.

Dans cette forme d’autorité, Paul invite à concentrer l’attention sur soi-même. « Ne vous aigrissez pas contre elle. » Ainsi, si pour celui qui doit exercer une autorité de commandement, la première préoccupation doit être les droits de ses subordonnés, si pour celui qui doit exercer une autorité d’enseignement, la première préoccupation doit être ce qui est produit dans l’être de celui qu’il enseigne, l’attention de celui qui exerce une autorité interpersonnelle doit se porter sur sa propre vie intérieure, sa capacité à donner, sa capacité à nourrir des sentiments positifs envers celui ou celle qui est sous son autorité. Car contrairement à l’éros qui est une force d’affirmation, l’amour agapè (et c’est en cela peut-être qu’il est difficile) est un amour où l’ego, au lieu de s’affirmer, se retire.[5] C’est un amour qui accepte de ne pas faire usage de toute sa force, de tous ses droits, de toute son autorité. L’agapè est l’amour des crucifiés. Elle est le renoncement de celui qui a véritablement conquis l’essentiel. C’est pourquoi l’autorité inter-personnelle demande une grande maturité.

La soumission à cette autorité est tout à fait particulière et diffère fortement des deux soumissions précédentes. Notons tout d’abord que Paul ne dit pas aux femmes : « obéissez à vos maris ». Dans les relations interpersonnelles, qu’elles touchent aux relations de couple ou d’Eglise, l’obéissance n’a pas sa place. Le verbe se soumettre est conjugué à la voix moyenne, ce qui exprime le sens réfléchi. C’est à une attitude volontaire que les femmes sont appelées. Il s’agit de se soumettre comme il convient dans le Seigneur. Paul ne relie cette soumission ni à une infériorité, ni à un statut particulier, mais à une expérience spirituelle, à une attitude conforme à une vocation particulière. Rien n’est spécifié comme contenu de cette soumission. C’est une attitude de cœur qui touche l’ensemble de la vie de couple. Dans l’Epître aux Ephésiens Paul dira : « que la femme respecte son mari. » La soumission consiste alors à ne pas mépriser celui qui se fait serviteur, qui se donne dans un amour vrai et total.

Dans la soumission spirituelle celui qui est soumis accepte de recevoir le don de l’autre comme un cadeau précieux qui doit être respecté et honoré. C’est l’acceptation qu’on ne vit pas par soi-même, mais qu’on reçoit d’autrui ce qui est essentiel pour sa vie. Il s’agit de renoncer à l’illusion de l’autonomie, du self made man/women et d’accepter de vivre dans la grâce.

Les dirigeants d’une Eglise ou les chrétiens mûrs dans la foi ayant à exercer une autorité spirituelle doivent se garder d’une attitude dictatoriale. Ainsi un des chefs de file de la réforme radicale, Menno Simons écrivait : « L’autorité spirituelle n’a jamais pour but de faire rentrer le rebelle dans le rang ; son seul but est de permettre à la personne obéissante de vivre une vie sainte. Elle repose donc sur une soumission et une obéissance librement consenties. De plus, l’autorité spirituelle n’a que des moyens spirituels à sa disposition ; ses seules armes sont la prière, l’Ecriture, le conseil et la puissance d’une vie sainte. »[6] L’autorité interpersonnelle est particulièrement respectueuse des personnes, de leur intégrité physique, morale et spirituelle. Dans ce domaine les dirigeants doivent aussi veiller à ce que les personnes qui leur sont confiées n’entrent pas dans une soumission servile ou déresponsabilisante (dites-moi ce que je dois faire). Comme le dit Marshall, « les responsables d’Eglise qui ont à exercer une autorité spirituelle doivent donc vigoureusement se garder de la coercition et de la manipulation sous toutes leurs formes, que ce soit par la force de la volonté ou de la personnalité, par le charisme ou la réputation, par la pression du groupe ou celle des semblables. A fuir avec encore plus de force sont les prétendues révélations divines ou sanctions divines qui seraient invoquées pour appuyer des directives ou donner plus de force à des avis ou des opinions. »[7] Au contraire, l’autorité spirituelle, parce qu’elle est personnelle, s’expose et court le risque de la désapprobation, du désaveu. L’autoritarisme se cache derrière un personnage et n’ose pas montrer son vrai visage (ainsi Pinochet ou Ceausescu derrière leurs lunettes noires). En ce sens l’autorité relève de la personne, l’autoritarisme du personnage, de la fabrication.

Si l’autorité de commandement est rapidement inadéquate dans les situations d’enseignement et de formation, elle est totalement inadaptée dans le couple tout comme dans le domaine spirituel ou moral. Dans cette triade (autorité de commandement / autorité d’enseignement / autorité interpersonnelle) on peut remarquer que l’efficacité immédiate semble décroître alors même que la part de relations humaines croît.

Comme le laisse apparaître l’étude de ces tables, la soumission est à l’image de l’autorité : à la fois plurielle et toujours spécifique. Elle se doit d’être dynamique, participative et responsabilisante. C’est une relation de coopération en vue du bien commun. Elle consiste à reconnaître librement l'autorité de l'autre et lui permettre ainsi d'accomplir au mieux sa tâche (Obéissez à vos conducteurs et soumettez-vous à eux, car ils veillent sur vous en sachant qu’ils devront un jour rendre compte à Dieu de leur service. Qu’ils puissent ainsi s’acquitter de leur tâche avec joie et non pas en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. Hébreux 13:17).

Mais la soumission est toujours dans une tension dynamique avec la liberté. Soumission à une forme d’autorité selon son domaine spécifique et liberté vis-à-vis de cette autorité en dehors de son domaine. Une seconde définition de Pascal est ici tout à fait éclairante : « La tyrannie consiste au désir de domination, universel et hors de son ordre. »[8] Le tyran n'est donc pas celui qui veut commander, mais celui qui veut commander partout, dans tous les domaines. Ainsi dans les régimes totalitaires un seul parti monopolise tous les pouvoirs et demande une allégeance absolue des citoyens. Dans l’Eglise, un pasteur, un ancien ou un petit groupe de personnes peut monopoliser tous les pouvoirs. Ils peuvent penser qu’ils ont leur mot à dire sur tout… et que celui-ci est décisif ! Certes, comme le dit Paul, la soumission se doit d’être sans feinte et sans hypocrisie. L’apôtre Pierre renchérit en précisant que le serviteur doit se soumettre à son maître même si celui-ci est dur (1 Pierre 2:18) ! De son côté Montaigne remarquait : « Quiconque n'obéit aux lois que parce qu'elles sont justes, ne leur obéit pas justement par où il doit. »[9] Et Compte-Sponville de commenter : « Que resterait-il de la république, si l'on n’obéissait qu’aux lois qu'on approuve ? »[10] Mais nous ne pouvons en rester là. « Que resterait-il, inversement, de la liberté de l'esprit, s'il fallait approuver toutes les lois auquel on obéit ? »[11] En effet, si nous ne devons pas attendre de pouvoir approuver avant d’obéir, il ne nous est pas demandé d’approuver parce que nous devons obéir ! Certes il y a bien des cas où notre conscience nous interdit l’obéissance à des ordres contraires à notre morale par exemple, mais ils sont exceptionnels et ne remettent pas en question le principe.

Ainsi, pour un serviteur, obéir à son maître ne signifie en rien qu’il approuve les ordres de celui-ci. De même, dans l’Eglise, se soumettre aux décisions des anciens ne signifie en rien qu’il faille les approuver. Mais inversement, refuser l’autorité d’un enseignant sous prétexte que sa vie n’est pas conforme à son enseignement, c’est faire acte d’insoumission. Tant que cette personne n’a pas été relevée de son ministère par l’autorité compétente, il ne nous appartient pas de refuser de l’écouter : à nous de ne pas l’imiter. Jésus disait à ses disciples : « Les spécialistes de la Loi et les pharisiens sont chargés d’enseigner la Loi transmise par Moïse. Faites donc tout ce qu’ils vous disent, et réglez votre conduite sur leur enseignement. Mais gardez–vous de prendre modèle sur leurs actes, car ils parlent d’une manière et agissent d’une autre (Matthieu 23:2). » 


Extrait de Patrice - L'Eglise : Autorité, Direction, Ministère Féminin 

[1] Tom Marshall, Savoir diriger dans l’Eglise et la société, Jeunesse en Mission, 1995. Toutefois les liens qu’il établit avec les divers termes grecs ne nous semblent pas probants. [2] Marshall, p.113 [3] Marshall, p.115 [4] Anders Nygren, cité par André Compte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, PUF, 1995, p.414 [5] Voir les belles pages de Compte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, p.411 et ss [6] Menno Simons, cité par Marshall, p.117 [7] Marshall, p.117 [8] Pascal, cité par Compte-Sponville, Valeur et Vérité, p.167 [9] Montaigne, cité par Compte-Sponville p.177 [10] Compte-Sponville, p.177 [11] Compte-Sponville, p.177

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