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  • Patrice Alcindor

Luther était-il complémentarien ?

Dernière mise à jour : juil. 10

Luther était-il complémentarien ? Ou pourquoi la position complémentarienne n’est pas la position « historique ».


Les complémentariens aiment dire que leur position est la « position traditionnelle » ou la « position historique ». Mais qu’en est-il vraiment ?

Au cœur de la position dites « complémentarienne[1] » il y a l’idée que Dieu a créé l’homme et la femme égaux, mais dans une relation où l’homme dirige et la femme se soumets. Cette relation d’autorité de l’homme sur la femme doit être observée dans le mariage (le mari a autorité sur sa femme) et dans l’Eglise (seuls les hommes doivent enseigner et occuper les fonctions de pasteurs et d’anciens)[2].

Cette position est-elle la position traditionnelle ? Est-elle cohérente avec les positions qu’on trouve dans l’histoire de l’Eglise ? Je me propose ici de regarder la position de Luther et de la comparer à la position complémentarienne. Je m’appuie ici sur ses commentaires de la Genèse[3] et de la première épitre de Paul à Timothée[4].

Disons-le d’emblée, contrairement à la position« communautarienne » il n’y a pas pour Luther d’ordre créationnel par lequel Dieu aurait créé la femme dans un rapport de soumission à l’homme. Luther est catégorique sur ce point dans son commentaire de la Genèse. La soumission de la femme à l’homme, plus précisément de l’épouse à son mari, est le résultat de la chute et non l’état dans lequel Dieu a créé Adam et Eve.

Commentant la création d’Eve comme vis-à-vis d’Adam (Gn 2.18) Luther écrit :

« Il suit de là que si le serpent n'avait pas induit la femme à pécher, elle eût été à tous égards l'égale d'Adam. Car si elle est maintenant soumise à l'homme, c'est la peine qui lui a été infligée après le péché, ainsi que d'autres incommodités et d'autres dangers le labeur de l'enfante- ment, la souffrance et nombre d'autres misères. Car Eve n'était pas ce qu'est la femme aujourd'hui: sa condition l'emportait de loin à cet égard et elle n'était en rien inférieure à Adam, que l'on fasse le compte des dons du corps ou de ceux de l'âme »[5]

Au verset 23, lorsque l’homme se réveille et découvre Eve, il s’écrit : « Voici bien cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ». Luther commente :

« Ainsi, bien que ta femme n'ait pas été faite de ta chair, il est vrai qu'étant ton épouse elle n'en a pas moins la direction de la maison, comme toi, excepté que, par la loi, qui a été promulguée après le péché, la femme est soumise à l'homme. Il en est de cette peine comme des autres: elles amoindrissent la gloire du paradis que notre texte nous fait connaître. Car Moïse ne nous parle pas de la vie précaire telle que les époux la vivent aujourd'hui, mais de la vie d'innocence dans le paradis: Adam dit ici avec l'autorité d'une parole prophétique et c'est ce que signifie le nom d'Ischa qu'Eve aurait eu sa part égale de gouvernement, ayant à s'occuper des mêmes choses dans la demeure commune. Mais, maintenant, c'est à la sueur de son front que l'homme travaille, et il est ordonné à la femme d'être soumise à son mari. Quelques résidus de cette condition dominante subsistent cependant et le même nom [d'Ischa] peut encore convenir à la femme, ne serait-ce qu'à cause de la possession commune des biens »[6].

Il souligne encore parmi les conséquences du péché :

« Il vient s'y ajouter qu'Eve est assujettie au pouvoir de son mari, elle de qui, auparavant, la liberté était entière ; elle qui n'était inférieure en rien à son mari, sa compagne dans la totalité des dons de Dieu ».

Et encore :

« En revanche, si Eve avait persévéré dans la vérité, elle n'eût pas été assujettie au pouvoir de l'homme; davantage, elle eût été associée à l'homme dans le gouvernement des affaires qui, maintenant, ne relèvent que de lui ».

Il apparaît donc que pour Luther, la soumission de la femme à l’homme, et plus précisément de la femme a son mari, est le résultat du péché. Il n’y a pas d’ordre créationnel qui placerait l’homme comme chef et la femme comme soumise. Il y a entre eux une parfaite égalité et une même vocation à gouverner ensemble la création et le foyer.


La femme plus faible ?

Notons toutefois que Luther laisse parfois pointer certains préjugés vis-à-vis des femmes. Commentant le v.27 du chapitre 1, « homme et femme il les créa », il écrit :

« Moïse parle ici des deux sexes réunis : il ne faut pas que la femme paraisse exclue de la gloire de la vie à venir. Car la femme semble être une créature quelque peu différente de l'homme, elle a des membres différents et un esprit plus faible que l'homme. Et bien qu'Eve fût une créature remarquablement belle, faite comme Adam à l'image de Dieu, pour ce qui touche à la justice, à la sagesse et au salut, elle n’en était pas moins une femme. Car comme le soleil est plus glorieux que la lune, bien que la lune soit un corps des plus glorieux, il en est de même de la femme, bien qu'elle soit une œuvre des plus belles de Dieu, elle n'a pas égalé la gloire de la créature masculine.

Cependant, Moïse ici joint les deux sexes ensemble et dit que Dieu les a créé mâle et femelle pour une raison supplémentaire, à savoir qu'il pourrait ainsi indiquer qu'Eve est, elle aussi, créée par Dieu, et qu'elle participe à l'image et à la ressemblance de Dieu et au règne d'Adam sur toute chose. Ainsi la femme est, aujourd'hui encore, héritière de la vie à venir, comme le dit Pierre, « cohéritière avec l'homme de la grâce de la vie » 1 Pi 3.7. Dans toute la vie domestique, la femme est également participante du gouvernement de la maison et jouit, en commun avec son mari, de la possession de la progéniture et de la propriété. Il y a néanmoins une grande différence entre les sexes. Le mâle est comme le soleil dans le ciel, la femme comme la lune,tandis que les autres animaux sont les étoiles, sur lesquelles le soleil et la lune ont une influence et une domination. La principale chose à remarquer donc dans le texte devant nous, est qu'il est donc écrit pour montrer que le sexe féminin n'est pas exclu de toute gloire de la nature humaine, bien qu’inférieure au sexe masculin ».

Malgré les affirmations fortes que nous avions noté précédemment Luther semble ici attribuer une certaine « infériorité » à la femme. L’homme est comme le soleil, la femme comme la lune. Bien qu’elle ait été une créature des plus belles, elle n’a pas égalé la gloire de la créature masculine. Elle est même dite « inférieure au sexe masculin ». Luther semble ici laissé d’avantage court aux préjugés communs de son temps. Pour expliquer cet écart, notons que ces considérations, qui contrastent avec les commentaires clairs de Luther par ailleurs, sont introduits pour expliquer ce qu’est la condition de la femme, telle qu’elle apparait aux yeux des hommes de son temps : « car la femme semble être une créature quelque peu différente de l’homme… » Ce n’est donc pas ce qui était au commencement qui est visé, ce n’est pas la femme en soit, mais ce que la femme semble être aujourd’hui. L’infériorité qui est mentionné ici est dit de la femme après la chute.

D’ailleurs l’essentiel dans ce passage n’est pas la condition moindre de la femme : pour Luther, ce que ce passage veut nous enseigner est (1) que la femme n’est pas exclue de la gloire à venir, (2) qu’elle participe à l’image et à la ressemblance de Dieu ainsi (3) qu’au règne d’Adam sur toute chose.

Commentant encore la tentation par le serpent Luther souligne que « Satan montre encore son habileté en s'attaquant à Eve, ce point plus délicat de la nature humaine, au lieu de s'en prendre à la mâle énergie d'Adam. Car, bien qu'ils aient été créés justes l'un et l'autre, Adam ne l'emporte pas moins sur Eve.Il en est ici comme de la nature entière, où la force du mâle surpasse quelque peu celle de l'autre sexe ».

Bien qu’égale en tout à l’homme, Eve serait donc néanmoins pour Luther dotée d’une énergie moindre. C’est de l’ordre de l’évidence naturelle pour lui. Il avait pourtant écrit que de la femme on pouvait dire qu’elle était « vaillante ». Commentant l’attribution du nom Ischa à la femme, tirée du nom de l’homme, Isch, il écrit :

« Du latin vir on tirait vira, qui voudrait dire: femme vaillante; qui accomplit des actions viriles. Une telle appellation contient une admirable et heureuse description de l'union conjugale, dans laquelle, comme le disent aussi les juristes, la femme rayonne de tous les rayons de son mari. En effet, tout ce qu'a le mari, la femme l'a et le possède aussi. Non seulement les biens sont en commun, mais les enfants, la nourriture, le domicile. Et les volontés aussi sont pareilles. Le mari ne diffère donc de la femme par rien d'autre que le sexe: à tout autre égard [on peut dire que] la femme, c'est le mari.

Aujourd'hui encore, nous apercevons quelques restes de cette communion dans le mariage, bien que faibles au regard de l'origine première. Car, si elle est vertueuse, rangée et pieuse, l'épouse prend part à tous les soucis, à tous les efforts, à toutes les charges et à toutes les activités de son mari. C'est pour cela qu'elle a été faite, initialement, et qu'elle a été appelée Ischa, ne différant du chef de famille que par le sexe,puisqu'elle a été tirée de la chair de l'homme. (…) Ainsi, bien que ta femme n'ait pas été faite de ta chair, il est vrai qu'étant ton épouse elle n'en a pas moins la direction de la maison, comme toi, excepté que, par la loi, qui a été promulguée après le péché, la femme est soumise à l'homme. Il en est de cette peine comme des autres: elles amoindrissent la gloire du paradis que notre texte nous fait connaître. Car Moïse ne nous parle pas de la vie précaire telle que les époux la vivent aujourd'hui, mais de la vie d'innocence dans le paradis: Adam dit ici avec l'autorité d'une parole prophétique et c'est ce que signifie le nom d'Ischa qu'Eve aurait eu sa part égale de gouvernement, ayant à s'occuper des mêmes choses dans la demeure commune. Mais, maintenant, c'est à la sueur de son front que l'homme travaille, et il est ordonné à la femme d'être soumise à son mari ».

Luther oscille donc entre la condition de la femme avant la chute et la condition de la femme après la chute. Avant la chute, rien ne la distingue de l’homme sinon, le sexe. Après la chute, il n’en reste généralement qu’une pâle copie. Faiblesse, soumission... Dans la création bonne de Dieu, hormis le sexe, pour Luther, la femme est… son mari[7].

On peut donc dire pour résumer la position de Luther que lors de la création, la femme n’était en rien inférieure à l’homme, elle partageait la même autorité que l’homme sur la création et ne lui était pas soumise. Tout au plus considère-t-il qu’elle était plus faible, en ce sens qu’elle ne possède pas la même « mâle énergie » qui lui aurait sans doute donné la victoire sur Satan. Mais Luther n’ancre cette force moindre de la femme dans aucun élément du texte. Les quelques mentions « négatives » des capacités de la femme comparées à celles de l’homme n’amoindrissent en rien la fermeté de son propos : avant la chute Eve était en tout égale à Adam et ne lui était soumise en rien. Pour Luther un mariage réussi ne diffère en rien de cette parfaite union initiale entre Adam et Eve, sinon que la loi des hommes, conséquence de la chute, donne désormais au mari autorité sur sa femme.

Mais alors qu’en est-il dans l’Eglise ?

Si pour Luther, contrairement aux complémentariens, il n’y a pas d’ordre créationnel qui assujettie la femme à l’homme, comment comprendre les injonctions pauliniennes qui semblent interdire aux femmes l’enseignement et les rôles de dirigeants dans l’Eglise ?

Dans son commentaire sur 1 Timothée 2.9 à 15, Luther souligne d’abord que Paul dans « ce passage soumet la femme. Il lui enlève toute fonction publique et toute autorité ». Mais il pose immédiatement la question de la tension qui en découle avec ce qu’on voit par ailleurs dans l’Ecriture. « De l'autre côté se trouve le passage dans Actes (8:27) à propos de la reine Candace. Nous lisons de nombreux exemples de ce genre dans la littérature sacrée - que les femmes ont été de très bonnes administratrices : Huldah, Deborah, Jael, l'épouse du Kénite, qui a tué Sisera ».

Il pose donc la question de l’harmonisation entre cette restriction de l’apôtre et l’enseignement de l’Ecriture par ailleurs[8].

« Vous devez résoudre cet argument de cette manière. Ici, nous prenons correctement «femme» pour signifier épouse, comme il le révèle à partir de sa phrase corrélative (v. 12) «avoir autorité sur l'homme», c'est-à-dire sur son mari. Comme il appelle le mari «homme», il appelle la femme «femme». Là où les hommes et les femmes ont été réunis, c'est là que les hommes, et non les femmes, doivent avoir autorité. »

Pour Luther, Paul parle ici uniquement des épouses. Les femmes célibataires ne sont pas visées. Paul interdirait donc aux femmes mariées d’enseigner publiquement avec autorité à la place de leur mari, ou en leur présence. C’est la première clef herméneutique qu’il emploie pour harmoniser 1 Timothée 2 au reste de l’Ecriture.

Couverture du livre de J.G. Brown

Mais Luther utilise une deuxième clef herméneutique pour expliquer l’interdiction paulinienne. Une petite phrase éclaire un aspect important de l‘exégèse de Luther. Julia Brown a développé ce point de manière convaincante dans son livre « An Historian looks at 1 Timothy 2:11-14 ». Un article résumé de celui-ci peut être consulté sur le site du Christians for Biblical Equality[9].


La réflexion de Luther s’insère dans une vision des deux règnes. Le Règne du monde qui est soumis à la Loi et le Règne spirituel qui est soumis à l’Evangile. Les chrétiens appartiennent simultanément aux deux règnes. Dans leur vie intérieure ils se soumettent au règne de l’Evangile. Dans leur comportement extérieur, ils se soumettent au règne du monde. Ainsi Luther signale qu’ici Paul « veut sauver l'ordre préservé par le monde - qu'un homme soit le chef de la femme, comme 1 Cor. 11: 3 nous le dit. » Luther ne voit donc pas cette sujétion de la femme comme faisant partie de l’ordre spirituel de l’Eglise et de l’Evangile, mais comme une conséquence du respect de l’ordre du monde. Si les épouses ne doivent pas enseigner dans l’Eglise, c’est parce que dans le monde les épouses sont soumises à leurs maris. C’est l’ordre du monde, non celui de l’Eglise. La Loi, non l’Evangile.


Incidemment on a ici l’interprétation que Luther fait du passage de 1 Corinthiens 11, mais aussi de l’interdiction de Paul en 1 Corinthiens 14.

« Paul dit ceci afin qu’il y ait paix et harmonie dans les églises quand la Parole est enseignée et que les gens prient. Il y aurait un trouble si une femme souhaitait argumenter contre la doctrine enseignée par un homme. La méthode de 1 Cor. 14 a maintenant péri. Je pourrais souhaiter qu'elle soit toujours en vigueur, mais cela provoque de grands conflits. Là où un homme enseigne, il y a un argument bien fondé contre un homme. Si elle souhaite être sage, laissez-la se disputer avec son mari à la maison ».

Comme Luther l’a bien spécifié, il faut constamment lire « épouse » et « mari ». Paul souhaiterait bien que la pratique de pouvoir questionner l’enseignant telle que cela se faisait à Corinthe puisse encore avoir court. Mais il reconnaît que les troubles ne sont jamais loin, car il y a toujours à dire lorsqu’un homme enseigne. C’est pourquoi l’apôtre avait bien raison de demander aux épouses de ne pas interrompre leur mari lorsque celui-ci enseignait. C’est à la maison qu’elle devait argumenter avec lui.

L’interdiction de 1 Corinthiens 14 vise donc aussi pour Paul à réguler la relation de couple dans l’Eglise. Que les couples se livrent à leurs joutes théologiques à la maison, pas à l’Eglise !

Ayant clairement limité la portée de l’injonction de Paul aux femmes mariées, Luther souligne positivement le ministère de femmes célibataires :

« Un exemple exceptionnel est le cas où elles sont sans mari, comme Huldah et Deborah qui n'avaient aucune autorité sur des maris. Une autre vivait à Abela[10]. L'évangéliste Philippe avait quatre filles célibataires, etc. (cf. Actes 21: 9). »

Luther envisage donc qu’une femme célibataire puisse enseigner dans l’Eglise. « Là où il n’y a pas d’homme, Paul a permis qu’elles puissent le faire, parce que cela se produit par ordre d’un homme ». S’il est difficile de savoir ce que Luther vise en précisant « parce que cela se produit par ordre d’un homme » (Paul ? Christ ?), sa position est claire : une femme célibataire peut enseigner dans l’Eglise. Elle n’a pas de mari sur qui il pourrait lui être reproché de prendre autorité. C’est pourquoi dans son résumé final de l’enseignement de l’ensemble du passage (v.9 à 15) il écrit :

"Ainsi, vous voyez comment il veut que les femmes chrétiennes se comportent dans la vie publique, à la maison, etc. Si le Seigneur devait susciter une femme afin que nous l'écoutions, nous lui permettrions de diriger comme Huldah. Cette première partie étaient adressée aux maris et aux femmes. "

Luther envisage donc clairement la possibilité pour une femme célibataire d’enseigner et de diriger dans l’Eglise. Si le Seigneur suscitait une femme elle aurait toute sa place, comme enseignant et comme leader. Les restrictions que l’apôtre Paul énoncent visent uniquement à préserver l’ordre du mariage dans lequel la femme, à cause de la chute, est soumise à son mari. Comme il l’écrit dans son commentaire de Galates 3:28: « Dans le monde, et selon la nature pécheresse, il y a une grande différence et des inégalités de personnes, et cela doit être observé avec soin. . . . Mais en Christ, il n'y a pas de loi, ni de différence de personnes, il n'y a qu'un seul corps, un esprit, une espérance, un évangile (Ephésiens 4: 4-6) ».

En conclusion, on peut dire que dans une perspective luthérienne, les complémentariens se trompent doublement :

· ils attribuent à l’ordre créé ce qui relève des conséquences de la chute

· Ils attribuent au règne spirituel de l’évangile ce qui relève du règne du monde.


On peut résumer la position de Luther comme suit :

· Pour Luther l’Homme et la femme ont été créé égaux en tout

· Luther dit toutefois que les femmes sont plus faibles

· En toute chose, excepté le sexe, la femme est un homme.

· C’est la chute qui a engendré la soumission de la femme à l’homme dans le couple.

· Pour Luther les instructions de Paul en 1 Timothée 2 comme en 1 Corinthiens 14 s’adressent aux épouses.

· L’interdicition de Paul vise au respect de « l’ordre du monde » dans lequel une femme doit être soumise à son mari.

· Il n’exclue pas qu’une femme célibataire soit donnée par Dieu comme enseignante et dirigeante dans l’Eglise.

C’est donc à tort que les complémentariens affirment que leur position est la position « historique ». Seule la surface est commune, au moins en ce qui concerne Luther[11].


[1] Le terme « complémentarien est par ailleurs totalement impropre à cette position car ce n’est pas la complémentarité qui en est la particularité, c’est la soumission de la femme à l’homme notamment dans l’Eglise et dans le couple. Mais ce serait moins vendeur de se désigner comme « hiérarchicaliste » ou « subordinationiste »… [2] Certains complémentariens, comme John Piper, étendent cela à l’ensemble des relations hommes-femmes dans la société : une femme ne devrait pas avoir une autorité directe sur un homme. Ex. Ask pastor John. [3] Oeuvres / Martin Luther. 17, Commentaire du livre de la Genèse, chapitres I à II, Martin Luther ; publ. sous les auspices de l'Alliance des Églises luthériennes de France et de la revue "Positions luthériennes" La version anglaise, plus complète, est accessible en ligne Commentary on Genesis, Vol. I, Luther on the Creation, trans.John Nicholas Lenker, February 7, 2015. [4] Le commentaire des versets 9 à 14 est accessible à https://www.covenanter.org/reformed/2016/5/25/commentary-on-1-timothy-29-14#8. Malheureusement le commentaire du verset 15 a été omis… Il faudra se référer à Luther’s works, vol 28 : Selected Pauline Epistles, Concordia, 1973 (English Edition) [5] p.116 [6] p.130 [7] Visiblement Luther ne partageait pas cette angoisse qu’ont les complémentariens, que s’il n’y a pas de hiérarchie entre l’homme et la femme, on tombe inévitablement dans la négation de la distinction des sexes, l’apologie de l’homosexualité, la théorie du genre… [8] Si 1 Timothée 2, 1 Corinthiens 11 et 1 Corinthiens 14 étaient si clairs et univoques comme le prétendent les complémentariens, tous les commentateurs ne chercheraient pas d’une manière ou d’une autre à les harmoniser. [9] https://www.cbeinternational.org/resource/article/priscilla-papers-academic-journal/historian-looks-1-timothy-211-14 [10] 2 Sam. 20:14–21 [11] En réalité la position complémentarienne tient essentiellement de la tradition calviniste. Ce n’est pas pour rien que cette position s’est développée avec force en même temps que le renouveau calviniste (young calvinists) des trente dernières années. Toutefois, même en la comparant à la position de Calvin la position complémentarienne présente une profonde divergence sur l’articulation (ou non articulation) des deux règnes dans l’Eglise. Cf. le livre de J. Brown, An Historian looks at 1 Timothy 2.11-14.

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