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  • Patrice Alcindor

La position complémentarienne est-elle la position protestante historique ?

Dernière mise à jour : avr. 19

Quelques extraits du livre de J. G. Brown, An Historian Looks at 1 Timothy 2:11–14: The Authentic Traditional Interpretation and Why It Disappeared



Un des grands fondements de la position dites complémentarienne repose sur une justification inverse de la position traditionnelle dans le protestantisme !


Dans son livre An Historian Looks at 1 Timothy 2:11–14: The Authentic Traditional Interpretation and Why It Disappeared, J. G. Brown soutien que Calvin, Luther et leurs successeurs jusqu’au milieu du 19ème siècle considéraient les restrictions faites aux femmes comme découlant des ordonnances créationnelles qui régissent la vie en société. L’Eglise s’y soumet, car l’Eglise respecte l’ordre et la bienséance. Mais ces restrictions n’ont rien à voir avec l’Evangile.


Les complémentariens modernes, à l’inverse, tendent à considérer que les restrictions faites aux femmes découlent de l’ordre créationnel qui s’applique… au couple et à l’Eglise, pas forcément à la société (sauf pour les plus radicaux comme John Piper) !


Le raisonnement est donc essentiellement inverse ! On peut remarquer d’ailleurs (ce que l’auteur ne fait pas) un glissement d’un accent sur « les ordonnances créationnelles » à un accent sur « l’ordre créationnel ». Une analyse plus fine mettrait en lumière comment la liberté du legislateur fait place à la liberté du créateur. Quoiqu’en dise d’ailleurs les communautariens il y a bel et bien une dimension ontologique dans leur conception de la subordination de la femme.


Quelques extraits :

« Des principes égalitaires gouvernent le royaume spirituel. Par conséquent, aucun théologien traditionnel ne fait de l’homme la tête spirituelle de la femme (spiritual headship). En fait, Calvin, pour sa part, rejette explicitement cette idée. »


« Dans l'église, ici et maintenant, il y a la possibilité de quelque chose de contra mundum. Tous les théologiens traditionnels, à l'exception de John Gill, reconnaissent la possibilité d'une femme

avec un appel extraordinaire ».


« Selon la véritable interprétation traditionnelle, étant donné que le chef de famille masculin / la soumission de l’épouse est fondée sur la création, elle est normative pour l'ensemble de la culture. Parce qu'elle est normative pour la culture dans son ensemble, elle est également observée dans l'église. L'interprétation «traditionnelle» contemporaine dit que parce que le chef de famille masculin / la soumission de l’épouse est fondée sur la création, elle est normative pour l'église (mais ne s'applique pas à la culture dans son ensemble). »


« La subordination féminine est appliquée dans l'Eglise selon d'autres principes intransigeants. L'ordre (contre la confusion) et le «décorum» semblent être les principes universels les plus souvent cités ».


« En plus de la relocalisation des ordonnances de création du royaume temporel au royaume spirituel, il existe d'autres contrastes intéressants entre l'interprétation traditionnelle et les interprétations hiérarchiques contemporaines. La grande majorité des commentateurs, y compris tous traditionnels et beaucoup contemporains, donnent au mot authenteō une connotation négative - usurper l'autorité ou dominer. En fait, ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que j'ai trouvé des théologiens (tous hiérarchistes et complémentariens) optant pour un sens neutre - simplement pour exercer l'autorité. (Une exception possible serait l'exégète du XIXe siècle, Charles Ellicott.) »


J. G. Brown, An Historian Looks at 1 Timothy 2:11–14: The Authentic Traditional Interpretation and Why It Disappeared, Wipf and Stock, 2012.

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